Plan 9 from outer space est le dernier film dans lequel Bela Lugosi a joué pour la dernière fois. D'origine hongroise, tout comme Gyorgï KURTAG, l'un des membres du quatuor, cet acteur fût célébrissime dans divers rôles de Dracula interprêtés pour le cinéma.
Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, et qui en douteraient encore, le film de ED. WOOD est surtout terrifiant par sa nullité. Une nullité d'une ostination confondante et naïve. Mélange de divers poncifs du film de science-fiction, du film de vampires et d'horreur, ce film était la proie idéale du quatuor Lugosi et de son projet : donner un sens et une utilité à la musique de film, sans se prendre au sérieux.
![]() |
![]() |
Projet et pari réussi. Privé de sa bande son d'origine,
mais présent par les sous-titres et l'image, le film de Ed. WOOD
rend service à la musique du Quatuor et réciproquement. La
présence physique des musiciens à l'avant-scène, au
bas de l'image, n'est pas gênante. Le rapport et le contrepoint distanciateur
ainsi crée, permet à la musique d'exister autrement que de
manière décorative, comme cela aurait certainement été
le cas avec un film muet. Les dialogues du film, interprêtés
par le comédien Christian GERMAIN, tiennent à la fois de
l'illustration et du commentaire humoristique décalé façon
JL GODARD : "mon chéri, mon ange, mon chéri, mon ange..."
fait-il dire adlibidum au personnage masculin du film, époux d'une
femme-objet, bien représentative de l'imaginaire américain
des années cinquante.
Pour Michel RISSE, compositeur et multi-instrumentiste, la musique
de film hollywoodienne est fascinante, par l'ampleur, la justesse et l'efficacité
des moyens mis en oeuvre. On sent bien qu'il ne lui déplairait pas
d'être mis à l'épreuve, dans les conditions stimulantes
de production et les impératifs propres à cette industrie,
comme compositeur d'une musique de film de long métrage hollywoodien.
En attendant ce jour fastueux, debout, face aux dernières images
du film "Des profanateurs venus de l'espace", les poignets élégamment
reliés à des capteurs informatiques, le musicien applaudit
des deux mains une oeuvre sidérante, bien servie par la musique
sidérale du quatuor Lugosi.